AXE VERTICAL


AXE VERTICAL ORIENTAL

4 - Le concept Chinois

On a un peu trop l'habitude de considérer le système des méridiens en dehors de tout concept neurophysiologique. A l'étude, il s'avère que la systématisation des méridiens suit une logique particulièrement serrée, utilisant des connaissances anatomiques fournies à la chine ancienne par la vivisection des condamnés à mort.

La méconnaissance de cet aspect structurel, vient certainement du fait que l'on a pris l'habitude d'étudier les méridiens les uns à la suite des autres, sans essayer d'en expliciter la relation neurophysiologique globale, mais préférentiellement l'aspect circulatoire.

On essaie depuis quelques années de décrire la relation directe d'un point d'acupuncture avec des trajets neurologiques, c'est oublier le fait que la circulation dans les méridiens est de vitesse différente à celle des nerfs; c'est oublier que la systématisation neurophysiologique occidentale est essentiellement métamérique, tandis que celle de l'orient est de préférence longitudinale. Bien que les travaux de Hiroshi Motoyama n'incitent pas à cette description, du fait d'une conductivité différente entre système des méridiens et espace neurophysiologique, je souhaite préciser ici certains aspects intéressants. Sachant que derrière nous, de nouvelles générations sauront y voir plus clair, et persuadé que je suis par les résultats obtenus de la relation "énergétique" et "matière".

La systématisation des méridiens utilise en fait, à la fois, le concept métamérique et le concept longitudinal, pour en faire un système énergétique du vivant qui explique sa redoutable efficacité et sa réelle fragilité.

La Vie de Relation

Le système cérébro-spinal est avant tout le système de la vie de relation, qu'il assure soit par les phénomènes moteurs volontaires, soit par ses manifestations sensorielles, intellectuelles et psychiques.

Toutes les voies ascendantes, après un relais dans le thalamus, se projettent dans la partie corticale de ce système, immense champ d'action, où elles sont élaborées, jusqu'à la représentation, à la conscience et à la délibération.

Ce qui légitime la multiplicité des aires corticales et des voies associatives intra ou inter hémisphériques, et leur prépondérance, en regard de la sobriété des voies auxquelles est confiée la réalisation des réponses.

Voies efférentes

Origines: Les centres d'origine de ces réponses, c'est à dire les centres d'origine de la voie pyramidale, sont localisés pour la plupart dans la circonvolution frontale ascendante. Cette aire somatomotrice, partagée en plans superposés correspondant aux différents segments du corps, donne naissance soit aux fibres qui gagnent la moelle, où elles sont relayées par les nerfs périphériques, c'est le faisceau pyramidal proprement dit, ou corticospinal; soit aux fibres qui s'arrêtent dans le tronc cérébral au niveau des noyaux moteurs des nerfs crâniens, c'est le faisceau géniculé ou corticonucléaire.

Cette grande voie efférente, corticospinale et corticonucléaire, qui commande directement sans relais thalamique, la motricité striée, est flanquée du système extrapyramidal, dont les centres sont étagés le long du névraxe, y compris le cervelet, centre extra pyramidal entre tous. Système auquel incombe le rôle de régulation de l'aire motrice.

L'étendue du territoire extrapyramidal, qui occupe les 85 % de tous le cortex moteur, et la multiplicité de ses circuits, témoignent de son importance et de la complexité de ses tâches, tantôt inhibantes, tantôt excitantes, afin d'harmoniser les influx moteurs.

Quelles sont les correspondances à ce schéma et par quelles voies ces réponses cheminent-elles selon la conception chinoise?

Topographiquement, la projection crânienne des aires corticales n'est pas la même pour les deux systèmes pyramidal et extra pyramidal.

Alors que le domaine extra pyramidal s'étale du frontal au pariétal, l'aire cortico- motrice se projette, ainsi que la scissure de Rolando qui la sépare de l'aire sensitive (circonvolution pariétale ascendante) sur une région nettement délimitée, qui correspond à la bissectrice de l'angle formé par les sutures fronto-pariétale et temporo-pariétale.

En acuponcture, la distribution topographique qui distingue les systèmes est non moins clairement enregistrée.

Les grandes voies corticifuges, parcourant tout le corps de la tête aux pieds, qui résument la voie efférente selon la conception chinoise, sont représentés par trois vecteurs seulement: les méridiens d'Estomac, de Vessie et de Vésicule biliaire. Or aucun d'entre eux ne part de l'aire corticale motrice. Les seuls points qui, à la rigueur, pourraient être rattachés aux aires motrice et sensitive, parce que situés au pied des circonvolutions frontale et pariétale ascendante, en correspondance des deux extrémités du ptérion, sont le Rann-Ia (4Vb) et le Siuann-Lou (5Vb). Seul la Paé Roé (19TM) reste perché à cheval sur la scissure de Rolando. Tous les autres points semblent fixés en fonction des aires corticales sensitives et extra-pyramidales.

Cette remarque, décevante, de prime abord, n'est cependant pas en contradiction avec la neurophysiologie.

La zone motrice n'est pas que située au niveau de la frontale ascendante, elle empiète aussi sur les deux premières circonvolutions frontales. Or:

- Le point d'origine du méridien d'Estomac ( Treou-oe) se trouve en projection du pied de la 2em circonvolution frontale, donc en correspondance avec l'aire motrice; ce point est par ailleurs point Réunion de E/V/VB et TM.

- Le méridien de Vessie part d'une zone qui correspond aussi à la projection d'une aire motrice, puisque située au pied de la 1er circonvolution frontale, et à la limite de l'aire pré frontale où nos fonctions psychiques trouveraient leurs centres d'association. Cette localisation est dûment enregistrée par les deux premiers points du méridien de Vessie et en particulier le Tsing-Ming (1V), point réunion de V/E/Ig/ Inn-Tsiao-Mo/ Iang-Tsiao-Mo.

- Le méridien de Vb tient la palme. En effet, s'il est une notion générale qui attribue au lobe frontal une fonction essentiellement motrice parce que siège des voies pyramidales et extrapyramidales, on ne peut qu'admirer la science orientale pour ses connaissance qui ne se bornent pas à la partie frontale de notre cerveau, mais concordent avec ce que nous savons du lobe pariétal, éminemment sensoriel. Ces notions nous sont soigneusement ponctuées par le méridien de Vésicule biliaire, qui représente non seulement une voie efférente, mais la plus importante voie associative intra, et inter- hémisphérique.

Fonction qui nous est indiquée par ses points crâniens, tous, à l'exception du Ting-Roé (2Vb) "centres-réunions". C'est le méridien où se projettent toutes nos sensations intéro proprio-et extéroceptives, par l'intermédiaire du sympathique.

C'est encore le méridien qui, à l'étage cortical, reçoit le plus de connexions du méridien de Vessie. Ce dernier, en sus des branches qui, de la ligne du vertex, le connectent au Cortex, envoie à la Vésicule biliaire des vaisseaux aux points 7-8-9-10-11-12-15 (Chamfrault).

Les méridiens ne sont pas que les représentants d'un organe ou d'une fonction. On ne peut dissocier leur trajet de leurs points. En fait ils représentent les structures par lesquelles l'action spécifique des points se réalise, sans préjudice du pouvoir d'action qu'ils ont sur les régions qu'ils traversent.

Or, il n'est pas un muscle de la face qui ne soit « croisé » par le méridien d'Estomac, qui paraît dominer de même toute la musculature du tronc et du membre inférieur sur sa face antérieure. Une observation identique peut s'appliquer aux méridiens de Vessie et de Vésicule biliaire, respectivement pour la face dorsale et latérale du corps.

Il nous faut bien admettre que l'expérimentation très poussée dans le domaine de la neurophysiologie a permis, dans les temps très reculés, des découvertes qui sont encore aujourd'hui d'actualité.

Distribution: Partie du lobe frontal, elle se partage en trois vecteurs, dont deux, l'Estomac et la Vessie, transmettent directement les réponses aux organes de la vie de relation.

Le troisième, la Vésicule biliaire, ne se prononce qu'après connexion avec les centres cérébelleux.

Des différences cependant:

- A l'étage crânien, déjà, le méridien de Vessie marque d'un trait autoritaire la rigueur de ses fonctions. Les messages reçus -- nous avons vu l'importance du Tienn Tchou comme point de « sortie » de cette voie efférente -- sont rapidement transmis aux structures de sa juridiction sans aucune distraction en cours de route. A part quelques rares points: le Ta-Tchrou (II V), Réunion des os, de V/P/RP et VB; le Tchong-Tsiao (33 V), Réunion de V/VB et F; le Fou-Fenn (3G V), Réunion de V et Ig; le Chenn-Mo (62 V), Réunion de V et Iang-Tsiao-Mo; les autres points du méridien ne figurent pas comme « centres- réunions ».

- Le méridien d'Estomac est non moins sobre et prompt dans ses réponses. Sur la face cependant (aux points 2-4-6 et 7) il amorce des liaisons qu'il évitera par la suite pour n'être pas détourné de sa consigne.

Ces deux méridiens, rigoureusement linéaires hors de la boîte crânienne, reflètent bien les caractères de notre voie cortico-spinale, le méridien de Vessie plus particulièrement.

- Seul le méridien de Vésicule biliaire fait quelque entorse à la voie directe.

Sur le plan fonctionnel, il appartient lui aussi à la voie efférente, mais des traits particuliers le distinguent des autres, ainsi que de tous les autres méridiens.

Tous ses points, à de rares exceptions près (2-22-3I-33-35-36-42) sont des « réunions ». Nul autre méridien ne présente une telle richesse de connexions, qui s'étagent de la tête aux pieds et le relient, directement ou indirectement, à toute la circulation de l'énergie.

Comment ne pas voir là l'expression tangible d'une systématisation raisonnée, appliquée à la voie efférente? En fait cette grande voie d'associations et de régulation, dont dépend l'harmonie de notre vie autonome et de relation, reliée et en rapport fonctionnel avec la voie directe pyramidale, représente notre système extra pyramidal. Elle en est l'image fidèle.

A l'instar des noyaux du système extra pyramidal étagés sur toute la hauteur du névraxe et des circuits compliqués de fibres afférentes et efférentes qui les connectent et leur permettent de diffuser partout, le méridien de Vésicule biliaire est à même de participer à la vie tant somatique que végétative grâce à la richesse, citée à plusieurs reprises. de ses structures. Ce méridien ne cache pas sa prédilection pour le domaine de l'architecture musculo-ligamentaire, et cela sans préjudice des fonctions qu'il partage avec les autres méridiens de la voie efférente de transfert des stimuli qui sont du ressort cérébro-spinal.

La voie afférente

Une réponse consciente ne peut être pertinente qu'après délibération de tous les messages périphériques. La voie efférente ne pouvant se mettre en branle qu'à partir de cette délibération, il est indispensable que la voie afférente atteigne le cortex. Or, selon nos propositions, le système des méridiens de la grande circulation se termine à l'étage cervical. Régulateur et garant de notre vie végétative, il ne peut que s'inscrire au niveau spinal. Tous les stimuli à destination des centres supérieurs doivent par conséquent disposer de voies bulbo-thalamiques et thalamo-corticales nécessaires à notre vie de relation.

Les voies afférentes qui dépassent la « barrière cervicale » sont représentées par les méridiens de Gros Intestin, d'Intestin Grêle et Trois Réchauffeurs. Leur parcours céphalique ne déborde pas la région malaire, au ras du cerveau, au niveau de la projection bulbo-protubérantielle, où sont logés les noyaux des nerfs crâniens et les centres végétatifs. Si nous considérons les rapports de ces méridiens selon les règles Mère-fils, Epoux-épouse et Minuit-midi, on constate que tout le système de la grande circulation peut, par leur intermédiaire, atteindre cet étage.

La voie afférente chinoise correspond donc parfaitement à notre systématisation, qui place à ce niveau le relais thalamique, gare de triage et premier centre d'intégration des messages périphériques.

C'est précisément de cet étage que certaine connexions assument leurs tâches et prennent tout leur intérêt:

-- Le Gros Intestin, du point Ing-Siang (20 GI, point de réunion Gi/E) transmet ses messages au Treou-Oe (1 E, pt réunion E/V/VB/TM) en passant par Chang Sing (22 TM). Il est connecté de même au TR moyennant une branche qui aboutit au Tsio-Soun (20 TR, pt réunion TR/VB/Ig)).

-- L'lntestin grêle qui, selon la description classique, déverse son énergie dans le méridien de Vessie par une branche partant du Tsiuann-Tsiao (I8 Ig; pt réunion Ig/TR) et le reliant au Tsing-Ming (I V. Pt réunion V/Ig/E/ Inn et Iang-Tsiao-Mo) est lui aussi en rapport avec les Trois Réchauffeurs moyennant deux branches qui aboutissent à Tsio-Soun (20 TR) et Ro-Tsiao (22 TR; pt réunion TR/VB ET Ig).

L'importance du rôle que l'Intestin grêle est appelé à jouer à l'étage céphalique nous est soulignée par la multiplicité de ses connexions (Chamfrault):

D'une part, il envoie des vaisseaux secondaires au méridien de Vésicule biliaire (aux points: Trong-Tse-Tsiao (I VB; Point Réunion de VB TR et Ig.), Tsiou-Ping (7 VB; Point Réunion de VB et V. ), Choae-Kou (8 VB; Point Réunion de VB et V. ), Penn-Chenn (9 VB; Point Réunion de VB et Iang-Oe. ), Iang-Pae (I0 VB; Point Réunion de VB E GI TR et Iang-Oe), Mou-Tchroang (I2 VB;. Point Réunion de VB et Iang-Oe. ), et Tienn-Tchrong (I 5 VB; Point Réunion de VB et V.), d'autre part, il reçoit, du méridien de VB, un vaisseau au point Ting-Kong (I9 Ig; Point Réunion de Ig/ VB et TR.) et, du Trois Réchauffeurs, des vaisseaux aux points Ting-Kong et Tsiuann-Tsiao (I8 Ig).

Ces connexions sont loin d'être secondaires. Elles sont significatives d'une pensée physiologique avertie des retentissements possibles de la sphère digestive sur le corticalité.

-- Les Trois Réchauffeurs, selon CHAMFRAULT, sont étroitement connectés avec le méridien de Vésicule biliaire.

En plus de la branche qui, de El-Menn (23 TR) rejoint le Trong-Tse-Tsiao (I VB), l'auteur signale de nombreux vaisseaux secondaire points Krot-Chou-Jenn (3 VB;. Point Réunion de VB/ E/ GI/ TR.), Ran-Nia (4 VB; Point Réunion de VB/ E/ GI/ TR.), Siuann-Lou (5 (7 VB; Point Réunion de VB/ E/ GI/ TR.), Linn-Tsri (II VB; pt réunion VB/V), Tienn-Tchrong (I5 VB), Fong-Tchre (20Vb; pt réunionVB/TR/Iang-Oe) Tsienn-Tsing (2I VB; Pt réunion VB/TR/E/Iang-Oe).

En réponse, les TR reçoivent à I-Fong (I7 TR; pt réunion TR/VB) un vaisseau secondaire du méridien de Vésicule biliaire et aux points Tsio-Soun (20 TR) et Ro-Tsiao des branches de Vésicule biliaire et d'Intestin grêle.

Ici encore, nous sommes en présence d'une organisation intentionnellement établie et d'un jeu serré entre deux partenaires de haute taille.

Il résulte de ce rapide examen que tout le système de la grande circulation, relayé aux centres diencéphaliques par les méridiens de GI, d'Ig et TR, peut se projeter dans les centres supérieurs et atteindre les aires corticales, sensitives et motrices, surtout en vertu des liaisons entre le Trois Réchauffeurs, méridien de fonctions, et Vésicule biliaire, méridien des associations corticales et de leurs réponses motrices. Liaisons qui aboutissent, le plus souvent, à des points qui sont eux-mêmes « centre-réunion », expression fonctionnellement équivalente des relais inter-segmentaires intracrâniens.

Ce tableau, suggestif, des rapports entre la vie autonome et la vie de relation ne représente pas toute la pensée chinoise, tant s'en faut.

-- Merveilleux Vaisseaux.

Bien qu'équitablement répartis en Merveilleux-Vaisseaux Yin et Yang, et tous au service des nécessités de régulation organique, seuls les Yang participent directement au jeu réflexe à l'étage crânien.

Il n'y a pas lieu de s'étonner de cette partialité. Il n'y a nul besoin d'avoir recours aux Merveilleux-Vaisseaux Yin pour compléter la systématisation crânienne.

Affectés à la vie-autonome et plus spécialement parasympathique, le Inn-Oe et le Tchrong-Mo, profitant des voies réservées à ce système, ont déjà inscrit leurs messages dans les centres végétatifs. Au plus, si les nécessités sont brèves et rapides, ont-ils recours au seul agent de liaison, le Inn-Tsiao-Mo qui, des pieds et d'un trait, les relie à la tête.

L'organisation ne manque ni de logique ni d'harmonie, d'autant plus que l'ensemble des grandes voies afférentes et efférentes sont « ceinturées » par le Tae-Mo.

La nécessité de s'adresser aux bons offices des Merveilleux-Vaisseaux yang dérive de leurs aptitudes.

Les deux Merveilleux-Vaisseaux yang qui aboutissent à la tête sont le Iang-Tsiao-Mo et le Iang-Oe. Ils représentent, parallèlement à leurs homologues efférentes, les grandes voies afférentes reliant d'un extrême à l'autre tout l'organisme.

--Le Iang-Tsiao-Mo emprunte ses onze points à cinq méridiens différents. Tendu entre les pieds et la tête, du Chenn-Mo (62 V) au Tsing-Ming (I V), il relie, par ses points, à la Vessie et à la Vésicule biliaire qui sont des voies efférentes, le Gros Intestin, qu'il touche au Tsienn-Iu (I 5 GI) et au Tsiu-Kou (16 Gi; pt réunion de Gi et Iang-Tsiao-Mo) et l'Intestin grêle, qu'il contacte au Nao-Iu (10 Ig), qui sont des voies afférentes.

Sur la face, avant de terminer son trajet, il confie au méridien d'estomac (aux points 7-6-4), efférent, les messages reçus en chemin.

--Le Iang-Oe, bien qu'amarré au même niveau que le précédent (son point d'entrée est le Tsinn-Menn - 63 V ), se distingue du Iang-Tsiao-Mo soit par son trajet soit par ses attributions. Il a ceci de particulier que des 17 points qui le jalonnent, onze appartiennent au méridien de Vésicule biliaire.

Il contacte en cours de route l'Intestin grêle et son homologue, le Iang-Tsiao-Mo, au niveau de Nao-Iu (I0 Ig), puis le Gros Intestin et les trois réchauffeurs, pour essaimer sur la région fronto-pariéto-occipitale, (huit en tout) le long, et à rebours, du méridien de Vésicule biliaire.

Contrairement à Iang-Tsiao-Mo, chargé vraisemblablement de missions plus simples et moins articulées, le Iang-Oe parait affecté à un service plus délicat et complexe, nécessiteux d'interventions corticales plus nuancées, voire même prises de concert avec les centres bulbo-spinaux, car en fin de compte ce Merveilleux-Vaisseau se termine, sur le Tou-Mo, à Ia-Menn (I4 TM).

Il ressort que de toute l'extrémité céphalique c'est à sa partie crânienne que la Chine attribue le plus d'importance.

La Vie Autonome

Le Méridien de Vessie

Dans sa partie crânienne: Le méridien de vessie débute, selon la tradition à Tsing-Ming au ras de frontal. Son trajet, à sens presque linéaire, p allèle à la scissure inter-hémisphérique, dessine toute la voûte crânienne, qu'i abandonne à Tienn-Tchou (10V), point important du système neurovégétatif, qui a tous les effets du Vague.

Méridien centrifuge, placé de part et d'autre du Tou-Mo, avec lequel il est relié par plusieurs vaisseaux, il possède aussi des branches qui le relient au cerveau.

Dans sa partie cervicale: Cette partie du trajet part du Tienn-Tchou (10v) où les courants d'action corticale sortent de la voûte crânienne. Logé sous la protubérance occipitale externe dans un carrefour vasculo-nerveux où se croisent les premiers nerfs cervicaux, la vertébrale et l'occipitale, situé entre deux mondes, le végétatif et le psychique, dont il se fait l'interprète, il joue à merveille le rôle de "colonne" céleste", de canal par lequel notre cerveau interpellé se manifeste, une main tendue à Fong-Tchre (20 Vb), chef de file du ganglion cervical supérieur, et l'autre à Fong-Fou (15 VG), phare et pilote des voies bulbaires.

Le Ta-Tchrou (11V), réunion de V; RP; VB et TM, que Soulié de Morand traduit par "grande navette" et Chamfrault par "grand métier à tisser" indique bien que sa fonction est de "roquer" les différents systèmes de méridiens avec la voie maîtresse de Tou Mo, celui-ci, relié à Jenn Mo, dans le cadre de la petite circulation.

Situé entre Dl -D2, en marge des centres ganglionnaires de la racine du cou, il peut être appelé à porter main forte, la cas échéant à Fong-Men.

Le, Fong-Men (12V) occupe, comme son nom l'indique la "porte du vent". Logé entre D2-D3, il est de garnison au ganglion cervico-thoracique ou ganglion étoilé, point de rencontre des dernières racines cervicales et des deux premières dorsales, toute la ceinture scapulo-humérale en dépend.. Poste de triste renommée, "névralgique" au sens propre et figuré, responsable et tour à tour garant et victime des bonnes et mauvaises fortunes du membre supérieur. Arme au pied, il protège, du haut, il tend un rideau entre cou et tronc.

On voit donc que le cou ne prend d'importance qu'à ses deux pôles supérieur et inférieur et ne représente qu'une région de transit entre deux pôles à organisation définie et particulière, la tête et le tronc.

La Région dorso-lombaire:

L'alignement descend de Fong-Men au plateau sacré, verticalement, le long de la gouttière vertébrale, égrenant un chapelet de points qui se terminent tous en "iu".

Chamfrault, souligne que " de tous les points spéciaux des organes et des entrailles, les plus importants sont ceux qui régissent directement les organes et les entrailles: les Assentiments, le Iu. Ces points para-vertébraux correspondent à la localisation interne de la chaîne ganglionnaire du sympathique thoraco-abdominal. C'est dire la raison de leur importance"

Choain se rattachant au développement embryologique qui régit la métamérie vertébrale, ajoute plus de précision à la notion topographique nerveuse des points "iu", l'action desquels participe à l'équilibre général.

Tous les auteurs sont d'accord sur le fait que les points "iu" ne se retrouvent jamais sur le méridien sur lequel ils agissent, qu'ils sont des points de commande nerveuse et que cette action, les points étant yang, est dans le sens de la dispersion. Ils constituent donc une catégorie de points à physionomie particulière qui les distingue de tous les autres soit dans leur personnalité soit dans leurs fonctions.

Niboyet signale l'action des points Yu comme qualitative et quantitative: l'action n'aboutit pas uniquement au viscère correspondant, mais répercute sur tous les organes qui sont en étroite relation avec lui. C'est une réponse en cascade qui se déclenche, et, comme pour le système endocrinien par des relais pluri-neuronaux, peut diffuser sur tout l'organisme.

La chaîne des Assentiments calque le schéma des centres sympathiques viscéraux thoraco-lombaires. A la métamérie de la moelle correspond le Tou Mo, à celle de la chaîne ganglionnaire sympathique correspond le chapelet des Assentiments.

Le plan de clivage choisi pour mettre fin à la chaîne des Yu se situe au niveau de la plate-forme de la deuxième sacrée, qui surplombe l'excavation pelvienne. Elle ne quitte ses attaches lombaires que pour s'amarrer aux pelviennes. En amont, ses voies sympathiques fournies par les premières lombaires, en aval, les parasympathiques de souche sacrée, réunies les unes aux autres dans les centres hypogastriques. Zone où la ligne de démarcation se creuse, tant sur le plan anatomique, par la diminution nette de volume de la chaîne sacrée au dessous du deuxième ganglion, que sur le plan physiologique, puisque de l'étage lombo-pelvien, qui garde quelque degré de parenté avec les rameaux communicants blancs, on passe à l'étage pelvi-sacré, dont les ganglions n'émettent que des rameaux communicants gris.

Région sacrée

L'importance de la région sacrée dérive non seulement des racines du système périphérique, pour lequel la chine a délégué des Assentiments indépendants, mais aussi, et surtout, des plexus de la chaîne ganglionnaire qu'elle abrite.

Toute la région lombo-sacrée n'est qu'une suite ininterrompue de rameaux, de plexus et de masses nerveuses, vraie nappe ganglionnaire, où s'entremêlent les fibres sympathiques d'origine bulbaire et sacrée, à destination des organes pelvi-périneaux.

On y trouve la chaîne des Tsiao (des trous), qui n'est que la suite ou le complément logique indispensable, de la chaîne des iu. C'est un fief du parasympathique!. Tout le segment sacré qui est le centre caudal du parasympathique que nous avons vu naître à l'étage bulbaire, est en état de répondre à ce point.

Au niveau de la région sacro-coccygienne, le Roe Iang (34v), représente la "réunion des Iang", il est le point de réunion des Yu et des Tsiao.

Il n'est pas possible de ne rien dire sur les points hérauts, du fait que l'on a cité les points Yu

Les points Hérauts

Les points hérauts sont des points où l'énergie des méridiens se condense, "pénètre dans les organes, des points Yin, donc de tonification".

Ainsi les points hérauts sont à l'inverse des points Iu. Soulié de Morant écrit: "Les points hérauts, corporels, apporteraient aux organes internes de l'énergie Inn, qui aurait pour conséquence, lors de leur stimulation, de tonifier le méridien correspondant. A l'encontre de Iu, qui pour être des points de commande Yang apporteraient l'énergie Yang aux organes internes, ce qui équivaut à les disperser......Ces points dont chacun agit sur un organe, sont recommandés dans toutes les insuffisances de l'énergie originelle; surtout dans les maladies Inn"

Ils agiraient sur l'énergie originelle, ce qui nous fait penser à la vie "métabolique".

Si nous regardons les points "hérauts", les seuls vecteurs qui ne soient pas "directement" reliés au Jenn-Mo sont des méridiens en rapport avec l'appareil digestif, source de notre énergie vitale. Pour assurer laquelle il nous faut en plus de l'estomac, organe de brassage, des fonctions enzymatiques de source biliaire, hépatique, pancréatique. A cette étape métabolique et pour la parfaire, il nous faut ajouter un apport d'oxygène, que les poumons distribuent, et un service d'émonctoires représenté par Gi et Rein.

Dire que ces points sont sur le thorax antérieur est largement insuffisant. Ils ont une topographie dictée par une vision précise de l'organe et de l'étage nerveux auquel ils sont rattachés. Les hérauts sont des satellites des centres axiaux. leur disposition respecte la métamérie, de D2 à D12.

Les points hérauts situés sur la ligne médiane (le Jenn-Mo) occupent des aires correspondant aux masses ganglionnaires de la chaîne pré vertébrale, qui est médiane elle aussi.

Les points hérauts hors Jenn-Mo sont groupés en deux régions symétriques comprises entre D6 et D10, qu'il est difficile d'identifier avec des projections ganglionnaires, mais plutôt avec celle des viscères sous-diaphragmatiques. Viscères dont les pédicules vasculo-nerveux à trajet transversal, correspondent en gris à ce niveau.

Le héraut de Poumon, lui , correspond à la projection cervico-thoracique, le ganglion étoilé.

Considérés sous cet angle, les hérauts reflètent à la face antérieure du tronc ce que les assentiments reflètent sur sa face postérieure. Mais si ceux-ci, métamériquement distribués sont éminemment préposés au système sympathique, ceux-là, transmétamériques, le sont au parasympathique, métabolique.

Ces points sont spécifiquement destinés aux fonctions végétatives, digestives, et génito-urinaires. Ils sont de points de commande sur les voies que nous attribuons aujourd'hui au parasympathique. En corollaire - et ceci correspond à leurs indications -- ils vont à l'encontre des assentiments. Ils représentent donc un élément important d'équilibre harmonieux de la vie biologique normale, puisque le parasympathique, jouant tantôt dans le même sens, tantôt en sens contraire, n'est pas l'antagoniste, mais le régulateur du sympathique proprement dit.

Les Merveilleux Vaisseaux

Il existe 8 merveilleux vaisseaux. A l'exception de Tou-Mo et Jenn-Mo, appelés merveilleux-vaisseaux maîtres, parce que toujours parcourus par un courant d'énergie (petite circulation) et jalonnés de points qui leurs sont propres, tous les autres Merveilleux vaisseaux empruntent leurs points à des méridiens, avec lesquels cependant ils ne coïncident jamais.

Les Merveilleux-Vaisseaux se distinguent, nous dit Soulié de Morant, en captateurs d'énergie, chacun relié à un régulateur d'intensité, en producteurs d'énergie et en distributeurs nerveux et moteurs.

- Captateurs d'énergie:

Tou-Mo et Jenn-Mo, chacun lié à un régulateur d'intensité; mais tous deux participant de la "petite circulation".

- Régulateurs d'intensité:

Inn et Iang-Tsiao-Mo, ayant réponse mutuelle avec les captateurs d'énergie.

- Producteurs organiques d'énergie:

Inn et Iang-Oé, véritables équilibrateurs permettant d'assurer l'équilibre entre production et distribution.

- Distributeurs nerveux et moteurs:

Tchrong-Mo et Tae-Mo.

Hormis le système de la "petite circulation", ces vaisseaux, à l'état physiologique sont en "potentialité" énergétique, ce qui ne veut pas dire "vide d'énergie".

Il y a circulation d'énergie spécifique selon des conditions particulières:

Conditions accessoires:

Ils appartiennent au service de prompte intervention. A l'instar d'une sonnette d'alarme, on ne peut les mettre en branle que s'ils sont spécialement et spécifiquement indiqués.

Ils répondent, dans ces conditions accessoires, à une systématisation et plus précisément à une centralisation, et semblent aboutir, directement ou indirectement, à l'extrémité céphalique.

Il s'agit, de ce point de vue "accessoire" d'une milice, dont les structures sont soigneusement préparées, en état d'alerte permanente et vigilante, cantonnées dans un silence fonctionnel mais potentiel. Notre équilibre étant assuré par le système d'autorégulation confié aux méridiens-organes, nulle nécessité d'intervenir à l'état normal de santé. de là une autre raison de leur "virtualité". Mais qu'une atteinte de taille à mettre en péril notre équilibre soit portée à l'intégrité du territoire et la réaction, à court et à long rayon d'action, sera immédiate, de type associatif.

Ils ne sont ni indifférents, ni étrangers à notre vie physique, sensorielle et psychique. Tout comme notre sympathique qui, en plus des charges végétatives et sensorielles, réagit, parfois même violemment, aux mouvements psychiques, émotifs, intellectuels et affectifs.

Actions spécifiques:

Alors que Inn-Oe, qui débute à Tso-pinn (9R), se termine à Lienn-Tsiuann (23 J.M.) et ne comporte aucun point crânien, Iang-Oé, au retour d'une pérégrination crânienne qui le connecte aux points de VB, se termine à Ia-Menn (14 T.M.). C'est à dire au même niveau, l'un sur la région antérieure, l'autre sur la région postérieure du cou, au ras du crâne. L'analogie de leurs parcours respectifs les associerait à un système de voies afférentes destinées les unes à transmettre les sensations proprioceptives (Iang-Oé) et les sensations intéroceptives( Inn-oé), affecté aux troubles corticaux en particulier.

Le Iang-Tsiao-Mo paraît agir sur les voies pyramidales, et peut-être plus particulièrement sur les voies extrapyramidales qui conditionnent le tonus.

Le Inn-Tsiao-Mo préside à la pathologie du bassinet, fief comme nous le savons de tous les plexus et ganglions tributaires du coeliaque.

Le Tchrong-Mo, pour s'occuper de l'appareil digestif, ne cache pas ses affinités avec le système parasympathique.

Le Tae-Mo, se précise quant au petit bassin.

Le "couplage" fonctionnel des Merveilleux vaisseaux est éloquent:

- La voie médullaire :

Le Inn-Oé et le Tchrong-mo: Ce couplage correspond à ce que nous avons au niveau de la corne latérale de la moelle, lieu d'origine des splanchniques et qui, comme la colonne de Clarke s'étend de C8 à L2. C'est la région considérée comme un centre proprioceptif du tronc.

- La voie médullo-corticale:

est représentée par Tou-Mo avec Iang-Tsiao-Mo; Jenn-Mo avec Inn-Tsiao-Mo.

Ici nous avons les grandes voies nerveuses, puisque leur jonction au Tsin-Ming (1V) coïncide avec la point de départ, et donc de "retour", des réponses corticales. Ce sont en fait, sur le plan thérapeutique, les correspondants des grandes voies spino-thalamiques, tant directes qu'indirectes qui comprennent les relais cérébelleux des voies cortico-cérébello-corticales.

Nous serons encore plus surpris si nous voulons nous rappeler que la voie pyramidale, la plus longue mais la plus simple, origine dans la circonvolution frontale ascendante, qu'à ce niveau environ nous avons le point de départ du méridien d'estomac (le Treou-Oe qui correspond au pied de la deuxième circonvolution frontale), que le Iang-Tsiao-Mo est préposé principalement aux troubles de ce système et du système extrapyramidal et que les voies longues correspondant aux susdits systèmes sont représentés par les méridiens d'Estomac, de Vessie et de Vésicule biliaire.

- Curieux par contre le couplage Iang-Oé et Tae-Mo.

Curieux qu'à l'instar d'une "ceinture pelvienne" il existe un "vaisseau ceinture". Mais le Tae-Mo dispose ses branches dans le territoire métamérique compris entre D12 et L1, il participerait ainsi à la coordination de notre vie viscérale abdomino-pelvienne, ou peut-être somatique de la paroi. Quoi qu'il en soit, les branches du Tae-Mo, dans leur trajet abdominal, encadrent tous les points de commande de Jenn-Mo situés dans sa portion sous-ombilicale, destinée aux fonctions génito-urinaires.

D'autant plus curieux que nous avons vu Iang-Oé se terminer quant à lui sur la région postérieure du cou, au ras du crâne, à Ia-Menn (14TM)

Spécificités Merveilleuses

Si les méridiens principaux ont trait à la vie normale, c'est à dire à la manifestation de la vie, à son déroulement, sous toutes ses formes et à tous les plans, les Merveilleux vaisseaux se réfèrent quant à eux à ce qui est extraordinaire, au mystère de la vie, c'est à dire de la création, aussi sont-ils 8 (8 puissance 2 = 64 hexagrammes , 64 codons de l'ADN).

Ils interviennent tant au niveau de sa création matérielle, de la formation de l'embryon de chair qui accouche par le bas, qu'au niveau de la création spirituelle, de l'élaboration de l'embryon taoïste, qui, en chemin d'immortalité, accouche par le haut.; car les textes taoïstes décrivent la conception et la naissance d'un être spirituel, sa conception engendrant "l'embryon taoïste" au champ du cinabre inférieur; cet être spirituel naît, croît et se construit et, arrivé à terme, il accouche par le haut, par le crâne, par le champ du cinabre supérieur.

Ces textes montrent bien que les méridiens extraordinaires participent à tous nos processus de création, quels que soient leurs plans et leurs modes.

La création de l'homme fait intervenir:

- d'abord deux agents créateurs que sont le Ciel et la Terre en tant que liés à la genèse de l'homme comme de l'univers. Le couple Ciel/Terre symbolise les deux forces sexuées qui étaient à l'origine du monde et qui, immanentes, sont toujours opératives dans l'univers; elles participent donc à toutes les genèses quels qu'en soient le plan et la forme.

- ensuite le passage du ciel antérieur au ciel postérieur, de l'informel au formel, par la méditation, chez l'homme, du Mig men (4TM), "porte du mandat" qui nous est donné par le ciel pour nous créer.

Les méridiens curieux ont trait à ces deux modalités.

    On les divise en deux groupes:

- d'origine Mig men: c'est à dire de la région des reins, ou plutôt à la région qui est située en avant et en dessous des reins: le cinabre inférieur. Ce sont: Tou Mo; Jenn-Mo; Tchrong-Mo et Tae-Mo.

Ce groupe "Mig Men" réfère donc au passage du ciel antérieur au ciel postérieur

- la vie qui se manifeste s'adosse au Jenn Mo et au Tou-Mo

-Son organisation dépend de Tchrong-Mo, organisant l'être en et par lui-même et de Tae-Mo l'organisant à partir de l'extérieur, c'est à dire à partir de l'ordre cosmique auquel il le relie.

- d'origine des pieds: Inn et Iang Tsiao-Mo; Inn et yang Oé.

Le groupe d'origine des pieds réfère aux influences génésiques du ciel et de la terre. Aux In et Yang Oé se rattache le Ciel; Aux Iang et Inn-Tsiao-Mo se rattache la terre, enracinement en des lieux d'où la vie jaillit. Ainsi les Oé-Mo, célestes, distinguent le Yin et le Yang, et régissent l'espace; tandis que les Tsiao-Mo, terrestres les font communiquer et les marient, régnant sur le temps.

Si au niveau de la Vie manifestée, l'espace, plus concret, plus perceptible, moins mobile que le temps, est Yin, terrestre, représenté par un carré, quand le temps est yang, céleste, symbolisé par un cercle, il en est autrement avant la conception en vertu du principe de retournement.

En effet au niveau des agents de la création, de ce qui précède , il y a changement de plan avec l' inversion qu'est la conception: sortie de la vie , "ex-istence". L'espace est yang quand le temps est yin, comme nous le signifient Fou Hi et sa femme qui tiennent dans leurs mains une équerre (carré-espace pour Fou Hi) et un compas (cercle-temps pour sa femme). Ce qui implique, que la perception relative que nous avons de l'espace et du temps doit être inversée à d'autres plans de manifestation et de non manifestation. Exact concept des trous noirs!.

Ainsi les rôles des méridiens curieux sont en rapport avec tous les processus de création:

- création de l'être à la conception à l'organogenèse, qui résume la phylogenèse.

- recréation incessante de l'homme au cours de sa vie, puisque, conjonction d'une multitude de mouvements de souffles Yin et yang, il doit de recréer sans cesse pour assurer la cohésion, car sinon, il se défait et meurt

- procréation assurant l'avenir de l'espèce

- création spirituelle de l'homme et de l'humanité.

Or, l'énergie qui sort d'un Merveilleux vaisseau finit toujours par aboutir à l'un des deux Merveilleux-vaisseaux Maîtres (Tou-Mo et Jenn-Mo). Si elle sort d'un M. V Inn, elle aboutit au Tou-Mo; si elle sort d'un M.V. Yang, elle aboutit au Jenn-Mo, c'est à dire au niveau de la "petite circulation".

La spécification de la petite circulation est donc synthèse de ces divers mécanismes.

La circulation des merveilleux vaisseaux se fait, dans le même temps de bas en haut et de haut en bas. C. Roustan démontre bien que la circulation n'y est pas uni- directionnelle.

L'homme ayant quitté son unité primordiale pour descendre dans la multiplicité, doit retrouver une unité et une perfection dernières. Il parcourt inévitablement donc ce chemin au niveau de son corps, descendant d'abord, ascendant ensuite, de la tête aux pieds et des pieds vers la tête, porte après porte. Il est simultanément l'incarnation du principe et de la loi déposée au niveau du crâne, et le retour au principe d'où il vient et où il va, que ce soit singulièrement ou collectivement.

Les Merveilleux vaisseaux "véhiculent" l'énergie authentique, mélange d'énergie yong et héréditaires, à fonction Oé ou nourricière selon les cas, sa relation aux Shens est profonde; mais ils n'en sont pas moins spécifiques de l'énergie programmation/ régulation( voir axe horizontal).

LA PETITE CIRCULATION

Le Tou Mo

Ce méridien paraît indissociable du Jenn Mo, car avec lui, il constitue un circuit d'énergie particulier que l'on nomme "petite circulation". Ils ont des contacts avec la classique "grande circulation" par des vaisseaux secondaires.

Tou-Mo et Jenn Mo n'ont qu'une seule branche chacun et leurs points sont uniques et non pas doubles comme pour les autres méridiens.

Ils ont tous deux à la fois les propriétés des méridiens mais aussi des Merveilleux vaisseaux. Ils se distinguent cependant de ces deux sortes de vecteurs pour constituer une catégorie à part appelés "Merveilleux Vaisseaux Maîtres". Ils ont en effet des points qui leur appartiennent en propre, mais sans point de dispersion ou de tonification. Enfin, ils sont permanents, toujours parcourus par de l'énergie, tandis que les Merveilleux vaisseaux Véritables sont "potentialisés" à l'état de base.

Le méridien du Tou Mo commence au bas du coccyx, parcourt le pli interfolier, monte le long des épineuses vertébrales, suit l'axe sagittal du crâne, du front, du nez pour se terminer sur la gencive, entre les deux incisives supérieures.

Ces deux méridiens, en plus des connexions les reliant au grand circuit d'énergie, se font intermédiaires l'un de l'autre, réalisant ainsi une synergie fonctionnelle qui a pour finalité le rétablissement de l'équilibre énergétique. En effet les merveilleux vaisseaux yang drainent l'énergie vers Jenn Mo par l'intermédiaire de Tou Mo et les merveilleux vaisseaux inn vers Tou Mo par l'intermédiaire de Jenn Mo

Les connexions entre grande circulation et cette petite circulation spécifique au couple Tou-Mo/ Jenn-Mo sont très nombreuses, afférentes et efférentes. Ceci ajouté aux autres caractéristiques, justifie l'importance attribuée par les chinois aux méridiens médians, où aboutit en fin de compte tout le réseau de la grande circulation. Celle-ci disposant d'un système d'autorégulation constitué de très nombreux vaisseaux secondaires, ceux-là faisant fonction, par des moyens analogues mais à un niveau supérieur, de superviseurs et régulateurs de l'ensemble.

Mais il faut préciser et distinguer ce couple:

Leur origine commune se situe sur le plancher pelvien, respectivement en deçà et au delà de la ligne qui passe par les tubérosités ischiatiques, au niveau de laquelle environ se trouve l'anus. Riche région en terminaisons nerveuses, issues et tributaires des plexus pelviens et sacro-coccygiens. vrai carrefour des voies parasympathiques et splanchniques. Point de rencontre des voies afférentes et efférentes qui empruntent les racines postérieures et antérieures de la moelle épinière pour s'acquitter de leurs taches végétatives.

Le Jenn Mo se termine sous la lèvre inférieure, il atteint donc la région mandibulaire que nous savons dérivée, plus tardivement par rapport à la plaque neurale, du premier arc branchial. Il n'appartient donc pas à l'organisation céphalique proprement dite.

Le Tou Mo quant à lui, arrive sur le filet de la gencive supérieure, dessinant tout le parcours sagittal crânien. Cette ligne médiane interhémisphérique du Tou-Mo, appartient au système le plus évolué de commande, le Cerveau, c'est à dire à l'organisation extrêmement complexe de l'extrémité céphalique. Organisation à laquelle, seule, revient le rôle de "centre organisateur primordial", auquel tous les autres systèmes sont subordonnés.

C'est sur ce parcours crânien que le Tou-Mo se spécifie par rapport au Jenn-Mo, parcours contenant treize points, qui agissent surtout sur la moelle, le bulbe, et le tronc cérébral.

C'est au ras du crâne, au "diaphragme spinal" que Tou mo et Jenn mo se rencontrent et justifient leur appartenance à un cycle fermé, indépendant, autonome. Là où tout le système autonome boucle son circuit: Là où le Tchreng-Tsiang (24JM) fait fonction de point centre-réunion de Jenn Mo, Tou mo, G i (voie afférente), Estomac (voie efférente). Là où le Fong-Fou (15TM) répond à moelle et bulbe et se relie au sympathique via Fong-Tchre.

Il est dès lors possible de souscrire à l'affirmation de Choain décrivant les méridiens des lignes médianes, comme organisateurs primordiaux: le Tou Mo résumant les fonctions de relation et système musculaire; le Jenn-Mo les fonctions de nutrition et le système viscéral. Le Tou-Mo cependant, par ses propres points tronculaires, et par ses relations avec la branche interne du méridien de Vessie, participe aussi à la gestion végétative. Il est vraiment "gouverneur".

Observons plus avant le système Tou Mo Jenn Mo.

Sur la file des points d'acupuncture, les intervalles paraissent identiques au premier abord. En fait il est des intervalles plus larges. Ce qui semblerait signifier que rien ne s'y passe. Détrompons nous, car ces espaces vides, sont hyper-énergétiques, ils correspondent aux chakras. Et oui les deux systèmes sont identiques, Tou Mo et Jenn Mo n'étant que l'expression "extérieure" de ce qui se passe à l'intérieur de la colonne centrale.

Par ailleurs puisque Jen Mo et Tou Mo, décrivent en quelque sorte un cercle, extérieur et intérieur à la colonne, pourquoi ne pas imaginer la colonne vertébrale dans la position de l'oro boucos. Chez celui ci le serpent se mord la queue. Au niveau de la colonne, si nous mettons en contact coccyx et C1, nous obtenons aussi un cercle. Ce fait peut être envisagé puisque 16 TM avoisine 23 Jen Mo, ainsi que le décrit Van Nghi.

Sur un cercle, en acupuncture, on peut très bien décrire les cinq éléments. Mais on sait que ces cinq éléments donnent naissance à dix troncs chargés de "capter" les six énergies célestes, précisées sous forme de douze branches.

Certes les douze méridiens périphériques jouent ce rôle, mais rien n'empêche que le système soit "doublé" au centre.

Douze branches, douze signes du zodiaque, douze mois dans l'année auxquels les chinois, au travers du Yi King ont attribué douze hexagrammes!.

Marguerite de Surany et Thaï de Champassak se sont acharnés sur ce problème et ont ainsi pu mettre en évidence un zodiaque, en correspondance harmonique avec la signification des points d'acupuncture.

Une fois ce premier travail achevé, ils constatent que points et chakras se répartissent selon un équilibre dans la dissymétrie, comme s'ils répondaient à un ordonnancement de la nature, et non au hasard.

Le premier chakra Mulâdhâra, se trouve en signe mutable. ainsi au départ de l'élan vital qui nous anime, détient-il une aptitude au changement. Le dernier, Lâlana (ou alta major), en face de la luette, relève d'un signe cardinal auquel l'astrologie (tout comme les Hindous qui ne le décrivent habituellement pas) attribuent un rôle initiatique. Ainsi, les deux de chaque bout signent les conditions du devenir:

- Celui du bas, puissance latente, ne demande qu'à s'éveiller.

- Celui du haut montre le possible d'un essor spirituel.

Les quatre intermédiaires, Svâdishthâna, Manipûra, Anâhata et Vishudda, dépendent des signes fixes qui forment l'armature du caractère. Ils figurent les traits de la personnalité.

Colonne et croisements:

Les six lotus étant placés restent encore quatre vides sur la colonne vertébrale. Quatre vides qui correspondent aux croisements d'Ida et Pingala, qui avec Sushumna forment quatre carrefours, dont chacun occupe un terrain spécifique d'expression horizontale.

    - Sexuel pour le premier, à la troisième lombaire

    - Digestif pour le deuxième, à la huitième dorsale.

    - Respiratoire pour le troisième, à la deuxième dorsale.

    - Mental pour le quatrième à la première cervicale.

Il est remarquable que l'acupuncture décrive: cinabre inférieur, génétique; cinabre moyen avec foyer moyen digestif et foyer supérieur, respiratoire; cinabre supérieur, psycho-noétique.

Les références au zodiaque donnent le croisement sexuel en capricorne; le digestif en balance; le respiratoire en cancer; le mental en bélier. Tous les quatre en signes cardinaux.

Mais si la tradition décrit la correspondance des signes du zodiaque avec l'intégration de l'énergie dans la matière, à l'intégration de l'esprit dans la matérialisation; les chakras signent le processus psychique de retour de la matière vers l'énergie.

Or "cardinal" dérive du latin "cardinis" - français gond, pivot - d'où l'idée d'articulation qui permet un passage. Rien ne pourrait mieux décrire cette porte battante que franchissent les courants avant de couler en signe mutable (tel mulhadara). Nous avons donc bien un axe depuis le haut vers le bas.

Il y a donc au niveau de la colonne (et il faut se souvenir ici que le crâne est considéré comme une vertèbre développée) un phénomène de régénération Matière/ Energie.

Au terme de cette étude, nous sommes à même d'affirmer:

    - Qu'il existe bien un axe énergétique vertical spécifique

    - Que cet axe se marque à la fois par un aspect "gouverneur" ou "régulateur" (Tou Mo) dans la partie dorsale, avec un axe "concepteur", donc matérialisant,"effecteur", "nutritif", "métabolique" dans la partie ventrale (Jenn Mo).

    - Que Ida et Pingala, spécifiques du grand sympathique, sont les adjuvants indispensables au fonctionnement autonome de l'ensemble, modulés par le circuit de la petite circulation.

    - Que Tou Mo et Jenn Mo appartenant au système des Merveilleux vaisseaux, offrent les aspects créatifs physiques, synchronisants et psycho-noétiques de cette structure.

    - Que tout le long de cet axe vertical, des signifiants énergétiques particuliers, respectés de la puncture par la tradition chinoise, démarquent la présence des chakras.

    - Que cet axe vertical est adéquat au système des Cinabres du modèle d'acupuncture, et va de ce fait nous amener à la notion de "forge énergétique" appartenant au concept horizontal de l'énergie.

Concept énergétique horizontal et hologrammique, selon la démonstration du schéma de Meng-Tzeu


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